Le bonheur dans la simplicité ?

La maîtrise se retrouve pour organiser le prochain week-end de caravane. Benoît et Élise sont chargés de préparer la relecture et d’amener les seize pionniers-caravelles à faire une pause dans leur vie bien rythmée. Mais comment retracer le chemin parcouru depuis que le Cap a été voté ? Comment faire prendre conscience aux pionniers-caravelles de ce que cela leur a apporté ? Benoît se souvient alors que, début novembre, Lauren avait proposé un Cap axé sur la sobriété, un des enjeux de You’re Up ! Mais les autres ne l’avaient pas suivie : « C’est pas un Cap ça ! Tu fais rêver personne ! » Pourtant Lauren s’entêtait : « Ça changerait un peu, justement ! Si on essayait d’organiser notre Cap sans utiliser Internet ou nos téléphones portables, par exemple ? » Face à la majorité, elle avait dû s’incliner.

Que penser de sa proposition ? Un Cap peut-il avoir pour but la sobriété ou bien est-ce inhérent à toute activité scoute ?

L’adolescent est une des premières cibles de la société de consommation. Pourtant, en choisissant d’être pionnier ou caravelle, il se démarque. Mais il ne l’exprime pas toujours, il est difficile de s’affranchir de la norme, d’oser dire ce qui nous rend heureux quand cela ne semble pas correspondre au choix des masses. Le rôle de l’éducateur, du chef, de la cheftaine est de permettre à chaque jeune de réaliser que s’il choisit de se mettre au service de la caravane, et plus largement de la société, c’est aussi parce qu’il aspire à cette vie plus simple, plus « déconnectée ».

Aspirer à une vie plus simple, plus "déconnectée"

Benoît et Élise prévoient d’organiser un targui (outil de relecture des pionniers et caravelles) pour que la caravane relise son Cap. Afin de guider ce temps d’échange, ils proposeront un texte de Pierre Rabhi, extrait du livre Vers la sobriété heureuse, qui montrera à Lauren que la sobriété, elle l’a bel et bien vécue pendant le Cap à travers les échanges simples et naturels avec les personnes rencontrées. Et pourquoi ne pas profiter de ce week-end pour proposer une balade en pleine campagne, en caravane, et inviter les pionniers et caravelles à discuter avec ceux qu’ils connaissent moins bien dans le groupe ? Ce dernier week-end de l’année peut aussi être l’occasion de construire en amont des équipements alternatifs, comme des machines à laver le linge entrainées par des vélos, qui leur serviront pour le camp.

La sobriété, ça marche en caravane et ça marchera aussi cet été. C’est même un des quatre objectifs éducatifs du rassemblement You’re Up ! Un moyen de prendre le temps de la rencontre et des échanges dans nos Cap.

 

"Pourquoi prendre le temps ?"

Prendre le temps pendant un camp d’été, c’est d’abord respecter les besoins des adolescents. Lorsque les pionniers-caravelles proposent de vivre un Cap « simplement », c’est l’occasion de comprendre leurs envies et de les laisser être bousculés par l’imprévu. Pour vivre un programme de camp qui pourrait être qualifié de surprenant. C’est laisser le temps à la rencontre et à l’instant présent pour qu’ils en profitent réellement. Pour approfondir les relations, et leur permettre de les vivre dans toutes leurs dimensions. Pour le groupe, c’est un vrai moyen pour renforcer l’esprit d’équipe, quelquefois marqué par l’individualisme ou l’autosuffisance. Enfin ce sera l’occasion de profiter des activités qui entourent les jeunes, simplement, facilement. Il y a souvent tellement de choses à faire tout autour de soi! Un défi audacieux à offrir aux adolescents aujourd’hui.