Par la promesse, je m’engage

S'engager, surtout quand on grandit, c’est exister.

S'engager, surtout quand on grandit, c’est exister. Exister en s’inscrivant dans un lieu où l’on s’épanouira dans un projet: le Cap. Justement, pour ne pas que le temps lui échappe, un adolescent s’arrange pour le rentabiliser. S’engager c’est donc s’affranchir du diktat de l’immédiateté pour se projeter dans l’avenir. Le projet redonne au temps sa réalité, lui donne des perspectives : le Cap, c’est ce que l’on voit tout là-bas, au loin. Aujourd’hui, Romain vit sa première source. Il fait part de ses hésitations auprès de Sophie, sa cheftaine : « Je n’aurai pas le temps de venir à toutes les réunions pendant l’année, alors je préfère ne pas prononcer ma promesse... » L’échange se poursuit alors avec l’ensemble des 1res années...

Nadia demande à sa cheftaine : « Tu pourras recevoir ma promesse ? » Sophie explique : « En prononçant ta promesse, c’est à toi-même que tu promets de tenir un engagement, et c’est l’ensemble de la caravane qui en aura le bénéfice! Comme cheftaine, je ne serai que témoin de ces mots prononcés, et Dieu sera ton compagnon dans les moments de doute... »

Alors, pour que Romain et Nadia puissent poser l’acte de leur promesse, il leur faut identifier le lieu : la caravane, et les pionniers et caravelles qui la composent. S’engager dépend donc des personnes qui vont compter sur nous! Avec un patron, l’engagement est contractuel ; avec des parents, le rapport est moral et éducatif... Face aux chefs et cheftaines, aux autres pionniers-caravelles, quel sens l’engagement peut-il revêtir ?

Sophie, la cheftaine, reprend. Sa première question est : « Quand vous vous engagez au lycée, à la maison: qu’est-ce que ça implique ? » Du temps ? Prendre du plaisir ? Gagner de l’argent ? Acquérir des compétences ? Faire des rencontres ? »  Elle leur dit que c’est un peu tout ça... mais elle ajoute : « Et toi là-dedans ? Qu’est-ce que ça t’apporte ? » Romain et Nadia s’interrogent, ne voyant pas où elle veut en venir... Sophie saura trouver les mots pour expliquer qu’au tra- vers de leur engagement, s’ils disent leur promesse, ils vont aussi oser dire « Je » : « J’existe, Je serai avec vous, J’ai besoin de votre soutien...»

Dire sa promesse, c’est oser dire “Je”, oser dire “J’existe”

Nelson Mandela, prix Nobel de la paix et ancien président de l’Afrique du Sud disparu en décembre, « croyait au lendemain » : « Les hommes qui prennent de grands risques doivent s’attendre à en supporter souvent les lourdes conséquences », écrivait-il dans Un long chemin vers la liberté, le récit autobiographique dans lequel il a fait le récit de ses 27 années de détention. Alors, les pionniers et caravelles ne seront probablement pas des « Madiba » (nom tribal et affectif de Mandela) mais la nation Arc-en-ciel avait besoin d’un homme de courage, en ce temps d’apartheid, quitte à s’exposer aux moqueries, aux sévices... à la prison. Dans la caravane, il n’est certes pas question du destin d’une nation entière, mais s’engager est le levier du développement du sens des responsabilités citoyennes, du courage devant les obstacles, de la foi en un faisceau de valeurs. Lorsque les pionniers et caravelles disent leur promesse, ils affirment leur besoin d’exister, d’être identifiés.

Les jeunes n’arrivent pas à tenir leurs engagements. Comment les y aider ?

Les jeunes de la caravane ne manquent pas de motivation. Toujours prêts à se charger de nouvelles missions, il leur arrivait souvent de les oublier ou de ne pas les réaliser. Nous avons discuté avec les chefs d’équipe sur les raisons qui poussaient leurs équipiers à ne pas tenir leurs engagements. Ils nous ont fait part d’un manque de méthode et de difficultés à se projeter dans le calendrier. Nous avons déterminé avec les chefs d’équipe les missions qu’ils auraient à réaliser. En même temps, nous avons défini avec eux le calendrier et les phases de réalisation afin de parvenir à leur objectif. Ils ont pu chacun tenir leurs missions et ensuite ils ont décidé d’organiser un week-end d’équipe afin de transmettre ce qu’ils avaient appris à leurs équipiers.