Que le dialogue soit !

Depuis 1985, la Lumière de la paix arrive avant Noël, de Bethléem jusqu’à Vienne, portée par une délégation regroupant des représentants de diverses confessions chrétiennes (protestants, orthodoxes, catholiques) et peut-être aussi d’autres religions. Les Scouts et Guides de France s’associent aux Éclaireurs Éclaireuses unionistes de France (scouts protestants) pour aller chercher la lumière de Vienne jusqu’à Paris. 

La lumière rassemble et non divise

La lumière rassemble et non divise : depuis son origine, la Lumière de la paix de Bethléem est rapportée par plusieurs délégués. Récemment, à Rio, lors des JMJ, le pape François a invité l’Église catholique et les chrétiens à être « instruments de réconciliation » au sein d’un monde divisé. Le scoutisme en général, le Scoutisme français en particulier, peut être un discret mais réel instrument de réconciliation. S’adressant à la société brésilienne dans sa crise sociale actuelle, le pape François ajoutait: «Entre l’indifférence égoïste et la protestation violente, il y a une option toujours possible : le dialogue.» Cette invitation nous est adressée dans la rencontre des croyants d’autres religions ou d’autres démarches spirituelles. 

Ce qui est premier : le dialogue

Ce qui est premier : le dialogue. Pas de rencontre sans dialogue, sans échange mutuel. Le dialogue interreligieux (rencontre entre chrétiens, musulmans, juifs, bouddhistes..) peut prendre plusieurs formes : dialogue de l’amitié ou de la connaissance mutuelle, dialogue dans un projet concret (par exemple la Lumière de Bethléem...), dialogue de la réflexion (autour des questions de la foi de chacun(e)). Le Scoutisme français permet bien la rencontre, l’amitié et la rencontre dans un projet concret. Bien sûr, ce n’est pas toujours facile : il y a des peurs, des incompréhensions, des indifférences parfois à franchir. Les unités Pionniers/Caravelles qui ont vécu un camp à l’international, dans un autre contexte, ont sans doute déjà rencontré la question interreligieuse.

Face au risque de fanatismes de tous genres, la réponse n’est pas dans la disparition de toute référence religieuse, mais bien dans le dialogue. Concrètement, en 2013, l’opération Lumière de la paix de Bethléem cherche à s’ouvrir aux diverses composantes du Scoutisme français. Non seulement à Paris, mais aussi dans les régions et les territoires, on pourra chercher à rencontrer à l’avance tel ou tel représentant scout ou croyant d’une autre religion pour partager la Lumière de Bethléem. À voir avec eux, où et comment, pour que chacun se sente à l’aise dans le dialogue. Ce ne sera peut-être pas lors du grand rassemblement diocésain ou territorial à l’arrivée de la lumière le jour J, mais quelques jours plus tard, ailleurs, autrement... À chercher! Le premier fruit de la lumière sera dans le dialogue de la préparation !

Quel intérêt de faire vivre aux jeunes ? »

«À l’adolescence, où le chemin du sacrement de la confirmation semble tracé pour certains, d’autres jeunes sont en plein questionnement vis-à-vis de leur foi, d’une foi. Dans la caravane, certains jeunes s’interrogent sur leur religion : et moi, je crois en Dieu ou pas ? Pourquoi suis-je chrétien et pas autre chose ? C’est souvent à cet âge que l’intérêt pour les autres religions se fait sentir. Cela peut être l’occasion pour les chefs et cheftaines de proposer aux pionniers-caravelles de découvrir et de se renseigner sur d’autres religions, afin d’en identifier les différences et les points communs. Leur permettre de rencontrer des croyants d’autres religions et entendre leur parcours de foi est également une manière d’ouvrir le débat avec les jeunes. Leur demander ce en quoi ils croient ou pas, ce qui les interroge, ce qui fait sens pour eux ou ce qui est plus difficile dans la religion qui est la leur. C’est souvent en découvrant d’autres confessions que l’on peut s’affirmer plus fort dans sa propre foi. Pour tenter de répondre aux interrogations des pionniers et caravelles, pourquoi ne pas profiter de la participation des SGDF au Scoutisme français qui rassemble 5 associations (laïque, protestante, juive, musulmane et catholique) pour organiser une rencontre entre jeunes de confessions différentes ? Et pourquoi pas, même, entrer dans la démarche « Vis Mon Camp ! » avec les autres membres de la fédération l’été prochain ! »