(Ré-)apprendre la nature

L’été passé, Axel et sa caravane ont choisi de faire leur camp en Dordogne. À leur manière, ils ont découvert la région et ses écosystèmes : en sélectionnant les types d’arbres pour la construction de tentes surélevées, en naviguant trois jours sur la Dordogne à bord de radeaux construits avec des matériaux recyclés… Et puis Axel a eu la chance de rencontrer un éleveur d’oies. Un camp en pleine nature, sans portable, ni Facebook : une vraie rupture avec son quotidien. 

Pourtant, c’est connu, entre 14 et 17 ans, la rencontre avec la nature n’est ni évidente ni « naturelle ». On pourrait dire que ce n’est pas vraiment l’espace d’activité favori des adolescents. Immergés dans un monde multimedia et dans une société de l’immédiateté, ils ont du mal à s’intéresser à la nature qu’ils ne connaissent souvent qu’à travers leurs cours de sciences naturelles. Comment susciter l’envie de se laisser toucher et émerveiller ? Comment faire émerger le désir de la découvrir et de la comprendre? Comment accompagner et aider nos jeunes à réapprendre, à se réapproprier la nature ?

Savoir, savoir-faire et savoir-être

Comme dans la démarche nature de Cité Cap, trois leviers sont sollicités: le savoir, le savoir-faire et le savoir-être. Une rencontre avec la nature par le sensible, mais aussi l’esthétique, la créativité, la spiritualité… permet de la découvrir autrement et d’offrir une connaissance, un savoir nouveau, réutilisable pendant les camps. En s’engageant par exemple auprès d’une association telle que Noé Conservation ou Vigie nature, laquelle propose, à partir de la collecte de données d’observateurs volontaires, un suivi des espèces communes de flore et de faune (oiseaux, chauves-souris, amphibiens…). Ou en travaillant, en partenariat avec l’ONF (Office national des forêts), à maintenir dans sa diversité le biotope particulier d’une lisière de forêt.

Le savoir-faire, c’est cet ensemble de pratiques et de compétences acquises au fur et à mesure des années et des camps scouts. Il nous permet d’utiliser au quotidien des méthodes naturelles, comme par exemple la fabrication d’un four solaire ou de produit vaisselle biodégradable qui préservent l’environnement. Enfin, la confrontation à la nature m’interpelle sur le savoir-être et sur ma relation aux autres. C’est un cheminement pour comprendre la complexité des systèmes avec lesquels nous sommes parties prenantes. Il mène à responsabiliser sur les conséquences de nos activités sur l’environnement. Cette démarche «nature» dans la vie scoute, pendant l’année comme aux camps, est placée sous le signe de la simplicité et de la sobriété, et permet un vrai questionnement sur ses propres choix de vie.

La confrontation à la nature m’interpelle sur le savoir-être.

Prenez un bol d'AIR !

Comme lors de la journée nature à CitéCap, nous vous invitons à prendre dans votre caravane un grand bol d’AIR. Lors d’un après-midi, d’un week-end d’équipe ou de caravane, d’un mini- camp pendant les vacances ou pendant le trek du camp d’été, la recette tient en trois lettres :

A pour Autonomie : partir en équipe, à deux ou trois, gérer son temps, son itinéraire.
I pour Immersion : découvrir la diversité d’un écosystème et la fragilité de son équilibre : forêt, littoral,etc. Prendre le temps de s’arrêter, d’écouter, d’observer.
R pour Rencontre : donner du sens à l’immersion en rencontrant des passionnés, des professionnels qui vivent, travaillent, protègent cet écosystème.

Trois ingrédients qui permettront aux pionniers caravelles de découvrir avec intérêt le milieu naturel !