En visite chez les Roms

Dorian, pionnier venu d'ailleurs...

Comme j'étais le seul jeune du groupe Jacques Sevin de Chaumont qui aurait pu être pionnier, j'ai décidé de rejoindre le groupe Saint Barthélémy de Plaisance du Touch pour vivre avec eux leur camp, et revoir mes amis de l'an dernier ainsi que mon cousin. Le Cap de ce camp était de vivre quelques jours avec les Roms, afin de voir leur mode de vie. Au début, j'étais un peu réticent à l'idée d'aller les voir, c'est vrai, on ne les connaît pas, on se demande comment ils sont, ce qu'on va faire avec eux... Mais arrivés là bas, nous avons été accueillis, les bras ouverts, les jeunes sont venus vers nous, nous ont parlé, ont joué au foot, ont dansé un peu. Nous avons même eu le droit à une petit histoire sur leurs origines. Pendant les jours qui ont suivi, nous avons joué avec les petits, construit 2 tables... En somme, cette expérience etait magnifique, nous avons pu voir des personnes heureuses alors qu'elles n'ont quasi rien.

Dorian

Paula : un camp riche en rencontres !

Paula : un camp riche en rencontres !

Je m’appelle Paula et je suis en deuxième année dans le groupe de Plaisance-du-Touch. Notre projet de camp de l’an dernier a été de monter un projet social, rencontrer des enfants en difficultés, ou bien avec un handicap… Cet été, donc, nous avons décidé de rencontrer un camp de Roms à côté de chez nous. Au départ, nous avions tous un peu des préjugés, des a priori sur cette communauté. Mais lorsque nous nous sommes rendus dans ce camp, les préjugés ont volé en éclats. Les enfants, ainsi que les adultes, d’ailleurs, nous ont accueillis avec spontanéité, et avec ouverture. Nous avons très vite sympathisé avec eux. Nous jouions avec les enfants, et parlions avec les adultes des différences que nous avions, comme avec l’approche du mariage, ou bien des traditions… J’ai trouvé cette communauté joyeuse, et qui a le sens du partage. Vers la fin du camp, nous avons été invités dans un festival Manouche, Gitan et Roms. Les danses étaient magnifiques. Lorsque la fin du camp approchait, je n’avais qu’une envie : revenir !

Paula

Marieke : après l'effort, le réconfort

La rencontre s'est en fait déroulée sur trois après-midi, alors que nous campions à quelques kilomètres de là : pour rejoindre le camp Rom, il nous fallait à chaque fois pédaler quasiment une heure !

Mais bien sûr les peines du trajet valaient largement le coup : des enfants souriant dès notre arrivée, des personnes véritablement amicales, qui nous ont ouvert les portes de leur vie avec un plaisir et une simplicité qui nous ont vraiment touchés.

Très vite les discussions, les jeux nous ont rapprochés, et en trois jours à peine, nous nous sentions tous changés, différents. C'est évidemment difficile de faire comprendre à ceux qui n'étaient pas là à quel point de simples mots, de simples échanges de regard, le fait même simplement d'être à côté d'eux, nous a transformés.

Une rencontre qui m'a particulièrement touchée est celle avec un homme assez âgé (le doyen du camp), qui parlait couramment un français appris à l'école. Une phrase, « la mendicité n'est pas un métier », résume bien son état d'esprit. Il était inquiet de ce qu'allaient devenir les jeunes du camp. Et aujourd'hui encore, quand je repense à ces rencontres, j'ai un petit pincement au cœur, parce que j'espère que notre venue dans leur camp les a aidés. En tout cas cela nous aura aidés nous, Scouts et Guides de France, à donner un sens concret à notre engagement.

Marieke

Céline : halte aux préjugés !

Céline : halte aux préjugés !

L'été dernier nous sommes allés au camp de Roms de Purpan, le plus grand de la région, expérience extrêmement dépaysante, bien que nous ne soyons pas à plus de 20 minutes de notre domicile. Nous avions déjà eu l'occasion de les rencontrer lors des feux de la saint Jean, où l'ambiance et la vie du camp nous avaient fait particulièrement bon effet (barbecue, musique traditionnelle et convivialité), de quoi nous donner encore plus envie d'y passer plusieurs jours afin d'en savoir plus et de proposer notre aide au secours catholique dont l'action principale était de s'occuper des enfants et d'apporter leur soutien aux familles.

Nous sommes donc arrivés à vélo, accueillis par une horde d'enfants, avec pour but d'échanger avec eux plutôt que pour les assister, notamment car beaucoup d'aspects de leur culture et de leur mode de vie nous échappaient encore.  Au cours de trop peu d'après midis à mon goût, nous avons joué autant avec les enfants qu'avec les hommes, sans retenue ou suspicion de leur part, nous parvenions presque à nous fondre dans le décor.

Et quel décor ! Comment ne pas se sentir à des milliers de kilomètres de la France lorsque nous sommes entourés de caravanes, d'arbres et de tas de déchets un peu plus loin, dans lesquels nous allions chercher des morceaux de bois coincés entre une vieille télévision et une semelle de chaussures ! Sans oublier ces visages nouveaux et les conversations que nous avons eues, leur point de vue, notamment celui des jeunes qui ne trouvent pas ça normal pour les filles de devoir se marier à 16 ans. Ils ne sont pas dupes lorsque l'on élude leur demande en mariage en répondant que nous sommes déjà fiancées. Ils vivent en retrait mais sont ouverts et même s’ils doivent très souvent commencer à travailler tôt pour subvenir aux besoins de leur famille, un grand nombre de petits roumains et roumaines qui vivent ici sont scolarisés.

A présent c'est peut être le moment de faire une liste des préjugés communs que nous avons sur les Roms afin de savoir s’ils sont fondés ou non.

  • Les Roms sont sales : il est vrai qu'ils n'utilisent pas de toilettes, et qu'ils portent assez souvent les mêmes habits, cependant ils ne sentent pas mauvais et je n'ai pas du tout été dérangée par cette aspect là.
  • Les Roms sont machos : d'un certain coté c'est vrai. En effet, dans leur culture, les femmes sont en général mariées tôt et destinées à être mères de famille. Elles sont bannies du camp si elles trompent leur mari tandis que les hommes ne sont pas soumis à cette sévérité. De plus, à part lors de fêtes où les hommes aiment à montrer leur esprit entrepreneur en dirigeant le barbecue et transportant des cargaisons de saucisses, ils n'ont aucun scrupule à rigoler sous l'ombre d'un parasol, un verre à la main  pendant que les femmes s'activent à la lessive et au ménage le reste de la journée. Cependant, d'après des membres du secours catholique, ils sont tout de même particulièrement investis dans l'éducation de leurs enfants. En réalité, ces rapports hommes/femmes structurent leur mode de vie et font partie de leurs habitudes, est-ce que les femmes vivent plus mal dans ces conditions ? Il m'est impossible de vous répondre. Je ne sais pas si elles sont satisfaites de ces conditions car elles ont un rôle dans cette micro-société. 
  • Les Roms sont tous des chenapans : comme beaucoup d'autres jeunes, les adolescents Roms font des bêtises parce qu'ils s'ennuient. Ils sont tout le temps en train de jouer, et faire du sport, ils ne tiennent pas en place. Ils doivent se trouver un but sachant qu'ils ne vont plus au lycée (peut-on leur en vouloir, sachant que rien ne les y oblige, au contraire ?) donc, il leur arrive de faire des choses que nous pourrions juger condamnables (comme piquer des vélos, mais parfois les ramener !). Cependant, ils sont plus souvent accusés à tort. En effet la présence d'un camp de Roms sert d'excuse à tous les voleurs des environs, ils sont les coupables parfaits des tourments de la ville. Quoi qu'il en soit, l'entreprise qui longe le camp affirme ne jamais avoir eu de problème depuis l'arrivée des Roms, dix ans auparavant. Enfin, je ne peux pas généraliser car ces observations ne concernent que le camp de Roms de Purpan et il serait réducteur d'en faire un cliché. 
  • Les Roms et les gitans, c'est quoi la différence ? La différence majeure est qu'une fois installés et dans la mesure du possible, les Roms ne sont pas nomades, ils restent donc au même endroit. Ensuite, les Roms sont une communauté roumaine qui est très peu appréciée dans leur pays d'origine. En réalité, même s’ils subissent des persécutions en France, ils continuent à vivre nettement mieux qu'en Roumanie où ils sont complètement rejetés. De plus, les gitans ont globalement des origines espagnoles contrairement aux Roms dont les racines sont indiennes, d'où leur ressemblance avec les populations d'Asie de l'ouest.
  • Ils sont refermés sur eux-mêmes. Sur ce point, je ne sais toujours pas si cette façon qu'ils ont de rester entre eux provient seulement de leur volonté ou s’ils ont globalement toujours été mal accueillis partout où ils allaient. Je pense que si les gens allaient vers eux (aucun des riverains autour n'a eu l'idée de contacter une association ou d'essayer de voir à quoi le camp ressemblait) comme nous sommes allés à leur rencontre, ils seraient moins méfiants et peut être plus respectueux (une des voisines du camp s'était plainte de les voir passer nus devant sa maison pour aller se laver). Ensuite, ils restent tout de même solidement attachés à leur culture, c'est pourquoi ils refusent de vivre différemment pour s'intégrer entièrement à la nôtre. Quoi qu'il en soit ils ne sont pas refermés sur eux-mêmes, il vous suffit d'aller à leur rencontre pour découvrir à quel point ils sont chaleureux. De plus, le fait qu'ils ne s'intéressent pas particulièrement à la culture occidentale ne les rend pas incultes pour autant, par exemple ils s'amusaient à nous appeler "Kamarades" à cause de nos chemises rouges.

Céline

Christian : un regard d'adulte sur ce Cap

Dans le groupe de Plaisance-Fonsorbes-Saint Lys (Sud-Ouest de Toulouse, à une vingtaine de kilomètres environ), nous avons cherché à entrer de bonne heure dans la démarche « Diaconia 2013 ». Le Cap choisi par nos pionniers/caravelles s’inscrivait complètement dans cette démarche. Les chefs se sont mis en relation avec les responsables locaux du Secours Catholique, qui assurent à l’année diverses actions au profit de la communauté Roms de Purpan sur le site dit « de la Flambère ». Un premier contact a eu lieu avant le camp pour « prendre la température », lors du feu de la Saint Jean. Cette première manip s’étant bien passée, le projet du Cap a pu être finalisé. Ce projet avait pour but d’aller à la rencontre de la communauté adulte, ados et d’assurer des animations pour les enfants.

Je ne reviens pas sur ce que les jeunes ont vécu, ils l’ont écrit. Je dois bien reconnaître qu’en qualité de responsable du groupe, les clichés et les préjugés étant très présents, peut-être trop d’ailleurs, je n’en menais pas large. Avec mon adjoint, nous étions en équipe de service au Jamborée « Vis tes rêves ». Du coup, en cas de coup dur, les chefs ne pouvaient pas compter sur nous. Il leur a fallu établir des règles avec la communauté suite à une tentative de vol des vélos de nos jeunes par des ados Roms et ce dès le premier jour (Céline y fait d’ailleurs une allusion).

Bref, tout n’a pas été simple. Mais avec le recul, à la vue des témoignages des jeunes, le ressenti des chefs, je ne peux que les féliciter tous, jeunes et chefs pour ce Cap qui aura été une totale réussite. Le regard des Roms a changé, celui de nos jeunes et des chefs également. Nous aussi, responsables du groupe avons fait notre chemin. Ce Cap nous a aidé à ouvrir les yeux sur le fait que nos Scouts, nos Guides peuvent mener à bien des projets à priori difficiles si on leur en donne les moyens et qu’on leur fait confiance.