Un camp itinérant et marin composé de constructions en pallette

L’ITINERANCE

L’ITINERANCE

Le 10 juillet : La caravane venant du Val d’Oise est arrivée plus tôt à la gare d’Annecy. Nous avons parcouru 6 km avec nos sacs à dos pour rejoindre notre campement temporaire à Veyrier du Lac. La caravane de Colomiers nous a rejoints dans la soirée avec la camionnette. Nous sommes 20 jeunes et 3 chefs. Les chefs nous avaient tous mélangés pendant le repas afin de mieux se connaitre, mais personne ne parlait… Emma, notre cheftaine essayait de nous faire parler avec des questions à chacun d’entre nous ou en faisant raconter des blagues. Au fur et à mesure, l’ambiance se réchauffait. Le 10 juillet était le jour de la finale de l’euro ; la veillée était faite là-dessus.

Le 11 juillet : Nous sommes restés à Veyrier du Lac pour se familiariser avec nos nouvelles équipes en faisant un grand jeu dans la ville, c’était amusant ! Nous avons abordé des inconnus. L’après-midi, nous avons fait notre charte mais attention sous la forme d’un jeu ! Durant la veillée, nous avons fait des chansons, des chorégraphies et des logos d’équipe…

Le 12 juillet : Réveil, très tôt ! Pour partir avant que le soleil chauffe ! C’est parti pour 31 kilomètres ! Enfin pour les plus courageux… Nous sommes repassés par Annecy. Et surprise, au beau milieu de la forêt près d’une rivière, nous avons croisé une équipe de caravelles en trek venant de Poissy. Nous avons pu parler avec les gens de l’autre caravane. Il a beaucoup plu. Le soir, le camion balai est apparu comme par magie pour l’équipe intendance, les malades, les blessés et même les fainéants.. Seuls, quelques pionniers et quelques caravelles sont restés jusqu’au bout, un peu comme Koh Lanta ou Hunger Games ! La ville étape était Montcel. Nous devions dormir dans le jardin du maire mais en voyant notre nombre, il nous a ouvert la salle des fêtes. Les ampoules, les pieds et les jambes faisaient mal… D’ailleurs, quelques personnes avaient presque du mal à marcher.

Le 13 juillet : Le réveil était comme celui de la veille, TOT ! Nous avions 25 kms à parcourir pour arriver à notre lieu de camp fixe. Une personne de chaque équipe partait en éclaireur avec Emma pour planter une ou deux tentes et chercher des palettes avant notre arrivée. Pour se motiver, nous avons chanté ou crié différentes chansons ! Ce jour-là, il faisait beau et chaud. Encore une fois, seule une infime partie du groupe resta jusqu’à la fin. La dernière ligne droite n’était pas facile car c’était une grosse côte avec des virages. Nous étions au-dessus du lac du Bourget à la Serraz. Notre propriétaire faisait partie de l’accueil paysan. Nous avons monté les tentes et nous n’avons pas fait de veillée tellement nous étions fatigués.

LES CONSTRUCTIONS EN PALETTE

Le 14 juillet : Jour de la fête nationale ! Nous avons réalisé les principales constructions et aménagements indispensables sur un camp comme par exemple la grande table commune et ses bancs, oui oui des bancs avec un dossier et tout (en palette) , les toilettes pour filles et pour garçons (en palette avec des bâches), les douches (en palette avec des bâches et des bambous), un vaisselier (avec des bambous) et le trou à eaux grasses. Mais vous vous demandez surement comment fixer-t-on les palettes ensemble et bien tout simplement avec des marteaux et des clous ! C’est une nouvelle façon de faire ses constructions, c’est original et sans doute plus rapide. Nous avons trouvé les palettes dans des magasins ou dans des entreprises. Les commerçants semblaient un peu étonnés de la demande. Le reste, les coins d’équipe nous l’avons réalisé plus tard le 16 juillet : chaque équipe a conçu une petite table toujours en palette et un étendoir avec des bambous.

LES ACTIVITES MARINES

Le 15 juillet : Première journée voile ! La caravane a été « coupée » en deux. Nous avons formé deux groupes. Le premier groupe avait catamaran le matin et kayak l’après-midi inversement pour le second groupe. Comme c’était des plus petits effectifs et que les activités s’y prêtaient bien, celles-ci, nous ont rapprochées. Pour certains, c’était la première fois qu’ils faisaient du catamaran ou du kayak, ce fut une belle découverte sauf pour un équipage qui dessala à la voile au bout de 15-20 minutes sur l’eau. A la fin de la journée, nous avons attendu l’autre groupe en nous baignant dans le lac du Bourget. Le soir, nous apprîmes que quelque chose de grave s’était passé la veille… Nous n’étions au courant de rien, les chefs n’avaient sans doute pas voulu « gâcher » notre journée voile, ils avaient demandé aux moniteurs de ne pas nous en parler et ils ne voulaient pas que nous écoutions des chaînes d’informations sur la radio. Quand j’y repense, je me dis que ce sont des supers chefs. On se rassembla au coin veillée, les chefs nous avaient demandé de mettre nos chemises. Nous firent la prière scoute et nous chantâmes la Marseillaise, peu après, nous mettions en berne les drapeaux. Le lendemain, les chefs nous avaient acheté un journal pour avoir des informations supplémentaires. Quelques personnes avaient pleuré, certaines personnes avaient aussi des proches à Nice ; ils purent les appeler pour savoir si tout allait bien. Je n’ai pas vécu de la même façon l’attentat de Nice que les autres car nous étions coupés de tout mais nous étions tous ensemble, unis, un groupe avec des valeurs.

Le 22 juillet : Cette fois-ci, nous sommes tous réunis pour la journée marine. Nous avons commencé par le catamaran, manque de bol, il n’y a pas de vent… Nous sommes obligés de ramer à l’avant du bateau pour avancer. L’après-midi, nous passons au kayak, c’est la tempête, il y a du vent, des vagues, de la pluie ! Nous avons remonté une rivière pour la redescendre dans le courant, après l’effort le réconfort !

(c) Scouts et Guides de France

LA VIE AU CAMP

Mais le camp n’est pas fait que de ça, il est rythmé par des incontournables d’un camp comme par exemple les veillées, le trek, le concours cuisine, les sources avec les promesses, les Olympiades, les jeux, les services rendus au propriétaire et même d’autres activités comme le canyoning OU bien une baignade dans une rivière assez fraîche ! Et bien sur la traditionnelle nuit à la belle étoile !!

Et que serait un camp scout sans un temps capricieux ? La dernière nuit, c’était la tempête ! Il pleuvait des cordes, il y avait du vent et de l’orage accompagné de nombreux éclairs. Certains ont pensé à la mini tornade de You’re up, cela a ravivé beaucoup de souvenirs. Nous n’avons pas dormi dans la tente, nous avons dû nous réfugier dans une salle du propriétaire après avoir traversé tout le champ pour chercher nos affaires.

C’était sympa de se jumeler le temps d’un camp avec une caravane vivant à l’autre bout de la France, nous avons eu quelques désaccords comme par exemple pain au chocolat VS chocolatine. En Province, il y a moins de groupes scout s mais ils sont sans doute plus imposants, la plupart des pionniers caravelles de Colomiers n’habitent pas à Colomiers. En Ile-de-France, il y a des groupes scouts dans toutes les villes.

Le truc drôle d’un camp scout lors d’un jumelage, c’est qu’au début, on ne se connait pas, nous sommes des inconnus et puis à la fin, nous sommes devenus des amis et nous avons l’impression de nous connaître depuis longtemps. Le scoutisme enlève des barrières et nous fait vivre des aventures, des choses improbables qui seraient difficile de vivre à l’extérieur surtout à notre âge. Nous évoluons et grandissons. Nous espérons nous revoir l’année prochaine parce que nous avons tous bien accroché.

"NE PLEURE PAS PARCE QUE C’EST FINI MAIS SOURIS PARCE QUE C’EST ARRIVE"